Six Sigma et Certifications Lean

Publié le 29 juin 2016

Par Xavier Perrin (xperrin@xp-consulting.fr)

En tant que partenaire de MGCM j’ai la chance et le plaisir d’animer les formations qui préparent aux certifications de l’IIBLC (International Independent Board for Lean Certification). Je suis souvent questionné à propos du domaine couvert par les certifications Lean de l’IIBLC, en particulier si elles intègrent les principes et outils de l’approche Six Sigma.

Aussi, pour vous aider à trouver la formation et la certification qui vous conviennent, voici quelques éclaircissements à propos des deux approches Lean et Six Sigma.

Lean et Six Sigma

L’approche Six Sigma est née chez Motorola dans les années 1980. Les ingénieurs de Motorola qui cherchaient à réduire drastiquement les taux de défaut ont généralisé les principes du SPC (Statistical Process Control) développé à partir des travaux de Walter Shewhart. Pour maitriser les processus, il faut en limiter les variations. C’est la quête du Six Sigma.

Motorala en fit une démarche d’entreprise, qui s’appuie notamment sur la formation systématique des collaborateurs. Inspirés par les ceintures de couleur utilisées dans les arts martiaux, les niveaux « green belt », « black-belt » et « master black-belt » caractérisent le degré de connaissance des praticiens du Six Sigma. Motorola prétendit avoir économisé plusieurs milliards de dollars grâce à sa méthode. Ce succès entraina d’autres entreprises, telles Allied Signal (actuellement Honeywell) et General Electric qui connurent également de considérables économies grâce au Six Sigma, et qui en devinrent de fait d’ardents promoteurs.

Les projets Six Sigma s’appuient sur une méthode rigoureuse d’analyse des caractéristiques des processus à améliorer. Ils requièrent de solides connaissances dans les outils statistiques qui constituent une part importante de la formation des green et black belts. La justification économique des projets est aussi une importante composante de la démarche.

C’est le Massachussetts Institute of Technology (MIT) qui introduisit l’approche Lean Production à la fin des années 80 à la suite d’un vaste programme de recherche international consacré aux meilleures pratiques des constructeurs d’automobiles. Le Système de Production Toyota (TPS) montrait des performances nettement supérieures aux organisations traditionnelles qualifiées de mass-production. Le Lean management, principalement inspiré par les pratiques du TPS,  a pour principe d’identifier la valeur ajoutée du point de vue du client et de chercher à éliminer tout ce qui s’oppose à l’écoulement du flux de valeur. Le Lean met l’accent sur la mobilisation de toutes les intelligences de l’entreprise pour améliorer en continu l’écoulement du flux.

Les industriels qui ont adopté le Six Sigma à la suite des pionniers (Motorola, Allied Signal, General Electric) ont rapidement inclus les pratiques du Lean dans leurs projets d’amélioration. Les cursus de formation sanctionnés par les ceintures de couleur, associant les principes du Six Sigma et du lean, popularisèrent l’expression Lean Six Sigma.

Positionnement des certifications lean de l’IIBLC par rapport aux certifications lean Six Sigma

Les principes du Lean management sont venus compléter le curriculum de certifications Six Sigma. Aussi, les certifications Lean Six Sigma concernent avant tout les principes du Six Sigma. Suivant les entreprises, la part consacrée au lean est souvent plus réduite.

Par ailleurs, « l’esprit » du Lean management met l’accent sur l’écoulement du flux avant toute logique économique. La performance économique est une conséquence systématique de l’amélioration de l’écoulement du flux. De même, le Lean management favorise l’implication de tous, et ne se limite pas à l’apport de l’expertise des personnes certifiées green ou black belt.

Ainsi, lorsqu’un responsable formation s’interroge sur l’opportunité de certifier ses collaborateurs en Six Sigma, Lean Six Sigma ou Lean, il convient de lui faire préciser son besoin. Si l’entreprise est en recherche de compétences pour mieux maîtriser ses processus, avec des objectifs de rentabilité précisément spécifiés, l’approche Six Sigma est à privilégier avec des certifications de type « Six Sigma » ou « Lean Six Sigma ». Si, par contre, l’implication de tous et un « changement de culture » sont recherchés pour améliorer prioritairement la maîtrise des flux, le taux de service, la réduction des encours et des délais, tant dans des contextes industriels que dans le domaine des services ou encore du soin, alors les certifications Lean de l’IIBLC sont à privilégier.

Quelques liens utiles :

Certifications IIBLC avec MGCM

Certification Green Belt in Lean (site IIBLC)

Certification Black Belt in Lean (Site IIBLC)

Certification Champion in Lean (Site IIBLC)


2 réactions sur Six Sigma et Certifications Lean

  • Lagarde pierre dit :

    Bonsoir Xavier,
    Comme toujours, clair, précis et très pédagogique !
    Il me paraît important de (se) rappeler que le lean est orienté flux de valeur (pour le client) car on le résume trop souvent à un « tool » je trouve …

    Merci encore pour cette synthèse.

    Pierre

  • Bonjour Xavier,

    Merci beaucoup pour ces mots. Je ne peux qu’être d’accord!
    En bref: le 6 Sigma est un « tool », le Lean est une « filosofie/stratégie » qui utilise un « système » (tel que le TPSystem) pour clarifier ce qu’on vise et des « tools et techniques » pour le réaliser.

    BA,
    Luc

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