Kanban générique : comment ça marche ?

Publié le 14 janvier 2014

Par Xavier Perrin (xperrin@xp-consulting.fr)

Cet article est dédié à Keith FitzPatrick et tous les blogueurs passionnés qui participent à la discussion initiée par Keith sur le groupe LinkedIn « APICS Group » : « Kanban to the masses… not for beer drinking though! »
Kanban est une méthode bien connue et particulièrement puissante. C’est l’outil qui permet de mettre en œuvre le principe du flux tiré. La forme la plus courante de kanban est le kanban « spécifique », où le signal (généralement une carte) indique que le procédé aval a besoin d’un conteneur d’un article spécifique. Cette forme de kanban fonctionne bien dans les environnements de type faible diversité / grands volumes. Heureusement, il est possible – et souhaitable – d’appliquer le flux tiré dans les environnements de type forte diversité / faibles volumes. Pourvu qu’on utilise la forme appropriée de kanban. Dans de telles situations on utilise des kanbans « génériques ». »Générique » signifie que le signal (kanban) autorise la production sans spécifier quel article doit être produit. Considérons un flux de valeur dans un environnement de type forte diversité / faibles volumes. Des centaines, voire des milliers de références peuvent être produites dans ce flux. Actuellement, le service gestion de production transmet quotidiennement à chaque centre de charge des ordres de fabrication (OF) et les listes de priorités correspondantes. Ainsi, la production est « poussée » dans le flux et d’importants encours se constituent entre les différentes étapes de production. Les files d’attente ne sont pas sous contrôle, pas plus que les délais de fabrication (temps de passage). La situation est illustrée par le schéma suivant :

Comment améliorer le flux dans un tel environnement ? Comment tirer la production ? Le kanban générique peut être la solution puisqu’il permet de maîtriser le flux des OF dans le flux de valeur. Le kanban générique permet de mettre en œuvre le flux tiré entre les étapes de production. Une des étapes est certainement le goulot du flux. C’est ce goulot qui doit tirer la production depuis les étapes en amont. Une boucle kanban est alors mise en place entre le goulot et la première étape du flux. Commençons par le goulot. Une carte kanban est associée à chaque OF et est placée dans le dossier de fabrication qui accompagne les pièces à fabriquer. Dès que l’OF a été traité par le goulot, la carte est retirée du dossier de fabrication et elle est retournée à la première étape du flux où elle est placée sur un tableau kanban. La règle est la suivante : le premier poste de travail du flux peut démarrer un nouvel OF seulement quand une carte kanban est disponible sur le tableau kanban. Les priorités sont définies par la liste de priorités. Dès que la première opération est réalisée, la carte kanban est placée dans le dossier de fabrication et elle y restera tant que l’OF n’aura pas passé le goulot.

Dans un flux poussé, la seule information utilisée pour autoriser la production est la liste de priorités et les OF correspondants. Avec un flux tiré, deux informations sont requises pour autoriser la production : l’ordre de fabrication et sa priorité déterminée par la liste ET une carte kanban. C’est ce qu’illustre le schéma suivant :

La photo suivante montre un tableau kanban pou des kanbans génériques. Dans l’exemple ci-dessus, le tableau est situé près du poste de tournage.
La photo suivante montre un conteneur quelque part entre le tournage et la rectification 2 (le goulot).
Notez que kanban générique et kanban spécifiques (pour les articles à demande forte et régulière) peuvent très bien cohabiter dans le même flux de valeur.

4 réactions sur Kanban générique : comment ça marche ?

  • Mohomad dit :

    I’m curious do you actlualy have an exact physical copy of the Zen based kanban or are you talking about two different kanban boards covering different subjects?If it’s the same how long time are you spending updating? And which one has you chosen as your primary?My main problem at the moment is that I truly believe in the huge advantage of a large physical information radiator and at the same time need to be able to move the information easily. I agree Zen is a wonderful product.

  • René Colin dit :

    bonsoir
    comme d’habitude un excellent article
    j’ajouterai que j’ai rencontré une entreprise (dans une forge), qui avait mis en place des kanbans génériques en heures. En effet, les OF étaient vraiment différents les uns des autres, aussi bien en type de pièces , en nombre de pièces, en charge générée.
    Ils ont donc mis en oeuvre un kanban, où chaque carte représentait 20 h de charge. Ainsi lorsqu’il a terminé, le poste aval appel la charge suivante. Le poste amont lui transmets alors pour 20h de travail, soit un OF de 18 ou 25 h, soit plusieurs OF, le tout faisant environ 20h.
    c’est bien un kanban : flux tiré, maîtrise de l’en-cours, etc…
    amitiés
    René

  • BOMY dit :

    La simplicité est la sophistication ultime.
    Leonard de Vinci

  • Cédric Stien dit :

    Bonjour Xavier,

    Nous avons cette situation de Low volume High Mix chez e2v. La solution que tu décris est encore plus complexe quand chaque lot ne consomme pas le même temps du goulot. Il est donc important dans ce cas de piloter non pas au lot, mais à l’unité de temps du goulot.

    Cédric

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